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En direct du projet Symbiose » Actu projet
27
mai
2009
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D’île en île

tournage

D’île en île, de village en village, nous avons sillonné pendant ces deux derniers mois quelques unes des îles de l’archipel de Raja Ampat. A la recherche de raie mantas, de coupeurs de bois, de chanteur traditionnel, de tortue verte, de pêcheur au cyanure… Ces rencontres nous ont touché et ont gravé ces îlots perdus dans nos cœur.

De touAlves et Yusup a Piait cela, il reste bien sûr des images qui ont servi à réaliser un film.
Pour que celui-ci voit le jour, il a fallut échanger longuement avec toute l’équipe de Conservation International pour élaborer le scénario. Avec Alves, un anarchiste communiste mi-papou mi-javanais; Hentje, photographe rigolard originaire de Sulawesi; Tawaru, Meity, Irman, Hussein… C’est en équipe que ce film a vu le jour.
Chaque expédition de tournage sur les îles nous a permis de découvrir un peu plus les enjeux, et de réorienter le scénario. Nos séjours récurrents dans la grosse ville comptoir de Sorong nous a fait comprendre les dangers qui pèsent sur ce paradis terrestre.matinee avec le Kalabia
Le film rappelle tout d’abord le lien ancestral qui uni ces populations à leur littoral. Il montre ensuite comment un nouveau système économique basé sur l’extraction des ressources et sur les lueurs de la société consumériste est venu perturber cet équilibre; comment cette nouvelle relation avec la nature met en péril la subsistance même des communautés sur ces iles. Enfin, il lance des pistes à travers toutes les initiatives que nous avons pu découvrir pour encourager l’union et la mobilisation.

Réaliser en Indonésien, il a vocation à être diffusé auprès des responsables politiques locaux et surtout auprès des population de ces îles.

Tournage a Ayau

Les équipes du Kalabia, le bateau école de l’ONG, organiseront des projections publiques le soir dans les 80 villages que compte l’archipel. Nous avons hâte de pouvoir assister à l’une d’entre elle. En France, c’est sur une autre île qu’on le fera partager, au cours du festival du film Insulaire de Groix cet été.

Après ce séjour à Raja Ampat, en route pour Manado aux Célèbes (Sulawesi) et la Conférence Mondiale des Océans! Cet événement était pour nous l’occasion de prendre le pouls des enjeux de préservation à l’échelle planétaire. Scientifiques, représentants politiques du monde entier, ONG, tout le monde était là pour discuter autour de ces questions. Malgré une organisation pour le moins cahotique nous avons pu assister à quelques conférences et avons tenté d’y comprendre quelquechose.

Affiche WOC

Pour l’Indonésie, l’enjeu était de faire adopter une déclaration sur l’importance des océans dans l’atténuation du réchauffement climatique, en vue de la prochaine conférence de Copenhague. Le tout étant d’élaborer la suite du protocole de Kyoto (on joue ici sur les droits de polluer du nord et du sud, et cela n’est pas très encorageant). A notre échelle, ce grand évènement nous a paru bien loin des préoccupations des pêcheurs traditionnels que nous avions pu rencontrer à Raja Ampat ou à Nusa Penida. Il ont d’ailleurs tenté de manifester devant le centre des conférences et se sont fait immédiatement embarquer par la police indonésienne. Pas grand chose à attendre donc de ce coté-là.

eaux turquoises

Une fois cette grande messe terminée, nous en étions si près, nous n’avons pas résisté à l’appel des grands spots de plongée: Bunaken,  une île volcanique aux tombants superbes et Lembeh, la Mecque du muck dive ou, comment trouver les petites bêtes sous-marines les plus bizarres…

Manado a été aussi l’occasion de discuter d’un nouveau projet pour les dernières semaines qui nous restent à passer en Indonésie. Après le premier film sur les communautés de Raja Ampat, l’idée est maintenant de se focaliser sur les effets à long terme des zones de non-prélèvement. A partir des droits coutumiers des communautés locales sur le récif, les aires marines protégées tentent d’étendre la pratique de non-prélèvement (sassi) aux Portraitniches écologiques importantes (zones de reproduction, écosystèmes fragiles). Il s’agit pour nous de collecter des témoignages, mais surtout de réaliser des images sous-marines qui permettront de comprendre le processus de préservation. Pour cela nous retournons deux semaines à Raja Ampat, dont une sera entièrement consacrée à la prise de vues sous-marines.

Le projet Symbiose approche de la fin pour ce qui est de l’Indonésie; nous revenons en France le 11 juin après six mois passés sur place. D’ici là, nous comptons bien vous faire partager encore quelques films.

Cécile & Sébastien

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Ecrit par Sébastien & Cécile dans : Actu projet | Tags : , , , ,
26
mar
2009
3

Changement de cap…

Ayau satAyau, Papouasie occidentale. Un bout du monde, une poussière de sable perdu à la lisière de l’océan Pacifique… Voilà où nous avons échoué la semaine dernière. Cet atoll et ses habitants nous ont accueillis pendant quelques jours et nous avons pu entrapercevoir un fragment du passé, un endroit où l’homme vit en symbiose parfaite avec son environnement naturel depuis des siècles.
A 5h de bateau, 150 km de Sorong, on pourrait croire cet endroit à l’abri du monde moderne et de ses influences mais il n’en est rien. Notre film commencera sur cet atoll de Papouasie. (Voir sur Google Earth)

Retour sur les semaines passées :
Marché aux poissonsFin février nous travaillons à la finalisation du film pour Nusa Penida. Ce film aura mis du temps à naître… comme le projet d’Aires Marines qui lui aussi prend son temps pour voir le jour.
Ecriture, réécriture, modification, jusqu’à la dernière minute, il a fallu trouver le ton juste pour raconter l’histoire de ces îles, de ces habitants et du lien qui les unis avec le littoral. Avec Iwan, nous avons été chercher dans les fondements de la religion hindoue pour trouver l’angle d’approche qui parle aux communautés de l’île. C’est en associant la sagesse traditionnelle aux nouveaux outils de gestion des milieux naturels que l’on peut, peut-être, trouver une solution.
La question est simple : voulons nous d’un développement incontrôlé basé sur un modèle de société capitaliste ou choisissons nous une voie différente, une voie où l’homme conserve ce lien fragile avec la nature et encadre, régule, l’exploitation de son environnement ?
Ces réflexions dépassent le simple cadre de la conservation des écosystèmes marins et cela nous a passionné (le film est lui plus tempéré). Nous n’avons pas donné de solution dans ce film mais juste suggéré des pistes à travers les régulations traditionnelles déjà appliquées dans certains villages.

InterviewNous travaillons actuellement à la traduction française de ce film de 15 min qui sera diffusé à Nusa Penida mais aussi peut être sur les chaînes de télévision balinaises. Vous pourrez ainsi le voir sur notre site.

Le projet Symbiose, après quelques louvoiements à la fin février, a changé de cap à la mi-mars. Plus de tournage à Berau sur Bornéo avec l’ONG The Nature Conservacy. En effet, malgré plus de 6 mois de contacts et de nombreuses rencontres à Bali, les responsables de cette ONG n’ont rien anticipé sur notre arrivée, et le projet est devenu un vrai casse-tête administratif… Refus de Jakarta de soutenir le projet, non communication avec les autorités locales, impossibilité de s’engager avec nous sur le terrain… nous avons donc été lâché quelques jours avant le départ prévu.

Lagune d'AyauHeureusement, dès les premières images du film de Nusa Penida, les responsables de Conservation International nous avaient proposé un projet encore plus ambitieux. Venir faire un film sur les communautés et les écosystèmes des îles de Raja Ampat, en Papouasie.
L’endroit est connu pour posséder la plus grande biodiversité au monde. Les découvertes de nouvelles espèces de poissons ou de coraux y sont fréquentes. Il est question de classer cet archipel au patrimoine mondial de l’humanité.
Les communautés traditionnelles vivant en auto suffisance sur ces îles subissent depuis une vingtaine d’années l’arrivée rapide des « chasseurs de ressources ». Exportations de poissons, de tortues, de bois, de nickel…
Pecheur d'AyauAvant qu’il ne soit trop tard, un impressionnant programme de préservation à été mis en place par CI, TNC et le WWF. Celui-ci semble utiliser les coutumes traditionnelles de gestion des ressources naturelles pour développer un réseau d’Aires Marines Protégées.
C’est tout cela que nous allons découvrir au cours du mois et demi que nous allons passer ici.
Il s’agit également de mettre en image l’extraordinaire richesse sous-marine de ces îles à travers des films pédagogiques pour les écoles dans les villages insulaires.

Voilà, nous pourrions vous parler de tout cela pendant des heures, mais le prochain départ pour une quinzaine de jours dans l’archipel se prépare. Nous tenterons d’envoyer des films à notre retour.

Merci à tous les contributeurs de commentaires sur le site. Cela fait toujours plaisir de recevoir un petit message de l’autre coté de la planète !

Enfants d'AyauÀ bientôt

Cécile & Sébastien (Lire la suite…)

Ecrit par Sébastien & Cécile dans : Actu projet | Tags : , , , , ,
11
fév
2009
5

Découverte de Nusa Penida

Voilà déjà presque deux mois que nous sommes en Indonésie.
Pêcheur de crabeLes premières semaines passées pour découvrir l’île et s’acclimater sont déjà loin. On ne parle pas encore indonésien couramment, mais chaque rencontre est l’occasion d’enrichir notre vocabulaire.

Interview à Nusa PenidaDepuis début janvier nous travaillons avec Iwan Dewantama sur le premier projet de film pour Conservation International. Nous avons été ainsi trois semaines sur l’archipel de Nusa Penida pour enchaîner les tournages terrestres et sous-marins. (Pour visualiser la carte de l’archipel sur Google earth, cliquer ICI)

Sur les trois îles que compte l’archipel, Lembogan est la plus facile d’accès et la seule à posséder une infrastructure touristique. Elle est reliée par un petit pont suspendu à Nusa Ceningan, elle-même séparée de la grande Nusa Penida par un chenal étroit et très profond (300 m). Sur ces trois îles, la pêche et la culture d’algues se pratiquent sur toutes les zones côtières qui le permettent.

Culture d'alguesA Nusa Lembogan nous avons découvert la culture des algues sur le platier grâce à Ketut et Wayan. La rencontre avec ce couple nous a permis de comprendre toutes les étapes de cette culture (préparation des boutures, mise à l’eau, récolte, séchage). Bien que d’introduction récente, les algues sont très largement cultivées sur l’archipel et représentent environ 80% des ressources des familles.

Sur l’île de Nusa Penida, c’est à la rencontre des pêcheurs que nous sommes allés. Avec leur prao à voile, ils vont pêcher soit au filet près des côtes, soit à la palangre pour les poissons des grands fonds. Ces pêcheurs ne sortent pas en mer tous les jours, loin de là ! Ils adaptent leurs sorties au calendrier balinais, un des plus complexes au monde, qui leur indique les jours les plus favorables.

Tournages sous-marinsEnfin, les premières séquences sous-marines dans le Triangle de Corail sont dans la boite ! Situées entre l’Océan Pacifique et l’Océan Indien (30 cm de différence entre les deux océans), l’Indonésie est traversée par un courant marin particulièrement fort et les îles de Nusa Penida se trouvent sur son passage. Les plongées (17 au total) sont donc pour la plupart des dérivantes où poissons et plongeurs se retrouvent emportés le long du récif qui défile à grande vitesse. La diversité de la faune et de la flore sous-marine autour de l’archipel est prodigieuse. Cependant, alors que des centaines de petits poissons colorés s’agitent sur les têtes de corail, les absents sont bien les grands poissons qui ne résistent sans doute pas à un prédateur humanoïde bien connu. Nous avons ainsi eu du mal à les filmer…

C’est lors de la traversée vers l’archipel de Nusa Penida que la première avarie s’est déclarée pour le projet Symbiose. Un bateau surpeuplé, un orage et la forte pluie qui l’accompagne, une caisse qu’on croyait étanche mais qui ne l’était pas et notre ordinateur portable (station de montage pour les films) s’est trouvé partiellement noyé. Le séchage patient dont il a fait l’objet n’a pas suffi ; la corrosion a attaqué la carte mère et l’ordinateur n’était pas réparable. Ce souci nous a bien retardé dans le montage des films, mais grâce à l’efficacité de la compagnie d’assurances (AXA – Cabinet Lafont) et à quelques bonnes relations en Bretagne, ce n’est qu’un mauvais souvenir. Depuis, notre équipe a acquis une nouvelle station de montage et une housse étanche.

De retour sur l’île des Dieux, nous avons repris la réflexion autour du scénario et du montage du film pour CI. Il s’agit de réaliser un film qui sort des standards de production des ONG environnementales.  L’objectif  n’est pas de faire la promotion d’un programme de conservation mais de susciter la réflexion des communautés locales autour de l’avenir qu’ils souhaitent pour leur île. C’est passionnant de réfléchir à ces idées avec des indonésiens qui partagent globalement notre conception de l’action  environnementale. Quelques tournages d’interviews seront encore nécessaires pour finaliser le film.

Visioconférence à GroixLes élèves de CM1 et de CM2 de l’école St Tudy à Groix nous ont retrouvé pour une deuxième visio-conférence le jeudi 5 février. La magie d’Internet nous a permis de répondre à leur questions pendant plus d’une heure. Prochain rendez-vous en mars.

En attendant d’autres images du récif et de ses habitants, vous trouverez sous «Rencontres sous-marines» un film sur la raie manta, une de nos plongées favorites.
Au chapitre «Ecosystème», nous venons de mettre en ligne notre premier dossier sur la mangrove.

A suivre prochainement, un portrait de Ketut & Wayan, cultivateurs d’algues, d’autres «Rencontre sous-marines» et un «Carnet de voyage» dans une cérémonie religieuse.

Cécile & Sébastien (Lire la suite…)

Ecrit par Sébastien & Cécile dans : Actu projet | Tags : , ,

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